PP Esteban

L’inattendu est un des axes fondamentaux de mon approche de la photo.  Ce qui fait irruption au sein du visible, rehausse le visible, le rend plus vivant, plus évident, plus beau.

 

Si l’inattendu est récurrent, c’est dans la poésie que mes photos cherchent leur ancrage. « Habiter poétiquement le monde ». La photographie entraîne à exprimer un imaginaire,  et permet également d’accéder à la réalité (« plus c’est poétique, plus c’est vrai »), à questionner la temporalité, entre éphémère et éternité - le « perpétuel aujourd’hui », l’épaisseur du temps, ses strates…

 

[« Je me demande où est l'instant. Le passé dévore le présent, ils glissent l'un et l'autre dans le fourreau de l'avenir. » La folie en tête, Violette Leduc.

 

 

Naturellement mes photos recèlent d’intimes obsessions.  De lieux immémoriaux, d’images où forme et lumière se fondent et se fécondent mutuellement.  Le regardeur y verra-t-il l’écoute des rythmes, le silence, la mémoire « hors de nous »,  les correspondances, le ravissement, la musique intérieure  des êtres, la corporéité, les textures, les traces, le grain du papier ou le grain de peau, la présence entêtante de l’histoire de l‘art, ou le culte de la nature inculqué par l’enfant ?  Puissent-t-elles, tout du moins et de manière inattendue, « poindre » celui qui les découvrent et les regardent.

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